Les virages du Circuit de Spa-Francorchamps

23.08.2018
Les virages du Circuit de Spa-Francorchamps
Les virages du Circuit de Spa-Francorchamps

Le toboggan des Ardennes, mieux connu sous le nom de circuit de Spa-Francorchamps, a la particularité de ne pas avoir la moindre portion de son tracé, située sur la commune de Spa. Aujourd’hui, la piste est uniquement concentrée sur les territoires de Malmedy et de Stavelot.

C'est un des circuits préférés des pilotes en raison de la variété de son tracé dans le paysage montueux de l'Ardenne belge qui leur permet de mettre leur talent en valeur. 

Conçu en 1921 par Jules de Thier et Henri Langlois Van Ophem, le tracé original de 14,981 km avait en gros la forme d’un triangle reliant Francorchamps, Malmedy et Stavelot et utilisait des routes publiques ouvertes à la circulation en temps normal. Il est devenu permanent en 2000. 

Pas moins de 100 mètres de dénivelé séparent le sommet des Combes et la Courbe Paul Frère.Le tracé actuel a été modifié à diverses reprises et est dorénavant un circuit permanent de 7 004 mètres de développement. Il s'agit toujours d'un circuit très rapide et vallonné, reprenant une partie de l'ancien tracé, qui présente des caractéristiques appréciées par les plus grands pilotes mondiaux des différentes catégories.

Spa-Francorchamps est également connu pour ses changements de conditions météorologiques brutaux. 

 

Les virages

 

La Source, appelée aussi l’épingle de la Source, est la première difficulté abordée après le départ. Dessiné en U, il s’agit du virage le plus lent du circuit. L’endroit tire son nom des différentes sources d’eau présentes dans la région et particulièrement sur le territoire de Spa.

Le Raidillon... de l’Eau Rouge

L’Eau Rouge est un ruisseau qui court sous un petit pont situé au pied du Raidillon. Les anglophones évoquent l’Eau Rouge et englobent le Raidillon sans toujours le nommer. L’Eau Rouge est un affluent de l’Amblève qui servait de frontière entre les empires romain et germanique puis plus tard entre la Belgique et l’Allemagne. 

Construit en 1939, le Raidillon (littéralement, petit chemin en pente raide) propose un dénivelé d’environ 40 mètres, de l’entrée de la courbe à la sortie du virage. Il est caractérisé par une rampe très impressionnante qui suit la descente des bolides après l’épingle de la Source. L’enchaînement, considéré par nombre de pilotes comme la plus belle triple difficulté du monde, nécessite une grande maîtrise, non seulement pour rester sur la route mais aussi pour aborder la ligne droite menant vers les Combes à la vitesse la plus élevée possible. Les pilotes se retrouvent face à un mur et à une succession de virages gauche, droite, gauche sans pouvoir apercevoir le sommet. Le Raidillon a remplacé le virage serré de l’ancienne douane par un dessin plus court et plus rapide. Au cours de sa très longue histoire, le Circuit s’est adapté à l’évolution des sports mécaniques pour répondre aux exigences de sécurité et normes des fédérations responsables (aujourd’hui, la FIA), sans perdre son âme de Circuit très sélectif, tant pour les pilotes que pour les mécaniques. La force centrifuge qui s’y exerce nécessite une grande habileté et une connaissance parfaite des lieux.

Le Kemmel. La montée du Kemmel mène du Raidillon au virage des Combes via un long ruban d’asphalte caractérisé par une pente et par une courbe qui se prend facilement à fond. La vitesse instantanée la plus élevée du circuit se situe à la fin de la montée du Kemmel.                                                      

Les Combes. La chicane des Combes (définition : petite vallée encaissée) est une partie très technique du circuit. Un pif paf droite-gauche s’ouvre sur un virage à droite qui détermine la vitesse au moment d’aborder la descente vers Bruxelles. 

Bruxelles est une courbe imprimée vers la droite qui donne l’impression de ne jamais s’arrêter. Ce virage a également eu comme intitulé Rivage, du nom du hameau tout proche.  Juste après cette difficulté, une courbe à gauche, apparemment anodine, a souvent surpris les pilotes. Ce petit gauche se nomme aussi Speakers Corner parce que le seul endroit qui permettait d’apercevoir cette courbe était l’ancienne cabine des speakers.

Le double gauche du Pouhon est une difficulté majeure du circuit. Après une ligne droite en descente, le Pouhon se négocie à des vitesses vertigineuses. Sur le plan étymologique, le Pouhon est une source minérale ferrugineuse qui a fait la réputation de Spa. Le mot signifie l’endroit où l’on puise l’eau. 

Fagnes. Le double virage des Fagnes est abordé à de très hautes vitesses puisqu’il suit une petite ligne droite après le très rapide double gauche. L’appellation utilisée rend justice à la région des Fagnes puisque le village de Francorchamps y est localisé.

Campus. Le virage du Campus est une courbe rapide imprimée vers la droite et son appellation provient du Campus Automobile qui jouxte la piste. Il s’agit d’un centre de compétence, spécialisé dans les formations technologiques. Elles s’adressent principalement aux ingénieurs et aux techniciens. Le centre de formation est actif dans les métiers de l’industrie automobile, des sports moteurs et de la recherche technologique.

La Courbe Paul Frère. Le virage Paul Frère se situe à la jonction entre le tracé de 7004 mètres et l‘ancienne portion du circuit remontant de Stavelot vers Blanchimont. Paul Frère fut le plus grand pilote-journaliste de tous les temps. Auteur de nombreuses victoires en Sport-Prototype, il termina 2è du Grand Prix de Belgique de Formule 1 en 1956. Invité par Enzo Ferrari, il disputa son 11è et dernier Grand Prix par une prestation sans précédent.

Blanchimont, qui tient son nom du village éponyme, est une double courbe, particulièrement difficile à négocier au vu des vitesses atteintes. L’asphaltage de tous les dégagements extérieurs a rendu le passage nettement plus sécurisant.

La Chicane. La dernière difficulté à aborder est un virage lent en S qui porte le nom peu original de… Chicane. Autrefois, on évoquait le « Bus Stop », parce que du temps où la piste était ouverte à la circulation par moments, il y avait bel et bien un arrêt de bus. Le droite-gauche est particulièrement serré et le négocier avec à-propos est indispensable, non seulement pour terminer un tour rapide dans des conditions optimales mais aussi pour bien amorcer le suivant.

Après la chicane, la ligne droite entraîne les bolides vers la Source et c’est reparti !